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États généraux des musées du Québec : un bilan positif

Montréal, le 19 octobre 2011 –

C’est à Montréal, du 4 au 6 octobre, que s’est tenu le Grand Chantier des États généraux des musées du Québec, organisé par la Société des musées québécois (SMQ). L’événement a rassemblé quelque 250 participants du milieu muséal de toutes les régions du Québec. Des représentants de regroupements de musées et de la Coalition des institutions muséales reconnues non soutenues se sont aussi fait entendre sur les difficultés financières de leurs membres. Point culminant d’une vaste opération débutée en 2009, le Grand Chantier des États généraux s’est déroulé sous le signe de la concertation et de la mobilisation. Durant les ateliers, les 67 recommandations du Cahier du participant, constituant la synthèse des travaux des comités et des diverses consultations des dernières années, ont été débattues et peaufinées par les participants. Au terme du Grand Chantier, 73 recommandations furent adoptées en séance plénière par les membres actifs de la SMQ et elles peuvent être consultées dans le vol. 30 de la revue Musées.

Le directeur général de la SMQ, Michel Perron, se réjouit du succès des États généraux : « Nous concluons ce processus exceptionnel de consultation sur l’avenir des musées québécois avec la satisfaction du travail accompli. Je suis fier de la réalisation de cet exercice démocratique qui aura permis de définir les grands enjeux et défis de notre réseau. Les priorités qui en découlent marqueront sans contredit nos actions et nos revendications pour les prochaines années. Les États généraux ont particulièrement mis en lumière le problème de sous-financement du réseau muséal. Les institutions muséales ont exprimé leurs difficultés et démontré à quel point il y a urgence d’agir ».

Au cours des prochains mois, la SMQ procédera à l’analyse et à la priorisation des recommandations adoptées en vue d’élaborer un plan directeur quinquennal. Par ailleurs, des actions seront posées, dès les prochaines semaines, en ce qui concerne notamment la question cruciale du financement. Le nouveau président de la SMQ, Pierre Landry, directeur général du Musée du Bas-St-Laurent, entend mettre en place une structure de suivi aux États généraux et maintenir la mobilisation des membres.

Synthèse des enjeux et des recommandations adoptées

Le financement

À l’instar des résultats obtenus lors des consultations et autres travaux menés depuis 2009, le sous-financement du réseau muséal apparaît clairement comme étant le plus important problème soulevé lors du Grand Chantier des États généraux. Selon les participants, ce problème repose principalement sur le soutien accordé au fonctionnement des institutions alors que trop peu d’argent est accordé à trop peu d’institutions. À cet égard, et devant l’urgence de corriger cette situation qui menace bon nombre de musées, des recommandations adoptées réclament que soit augmentée, de manière significative et récurrente, l’enveloppe consacrée au fonctionnement et que celle-ci soit accessible à l’ensemble des institutions muséales déjà reconnues. D’autres recommandations touchent le rétablissement du processus d’évaluation nationale et celui de la reconnaissance de nouvelles institutions muséales, deux éléments névralgiques pour le milieu.

Puisque la mission de nombreuses institutions muséales s’apparente à la vocation de plusieurs ministères (MELS, MTO, etc.), il est demandé au MCCCF de revoir ou d’établir des programmes émanant d’ententes interministérielles pour la réalisation de projets par les institutions et les réseaux muséaux. Le soutien des municipalités, des MRC et des CRÉ est également essentiel au milieu muséal. C’est pourquoi le MCCCF doit encourager, par le biais d’ententes cadres et d’incitatifs, les partenariats entre les divers paliers de gouvernement et les musées. Par ailleurs, il est recommandé de développer des stratégies, notamment par des incitatifs fiscaux, visant à encourager les investissements privés dans le secteur muséal.

Pour sa part, le gouvernement fédéral est directement interpelé, entre autres, lorsqu’il est question de la bonification des budgets alloués aux programmes du ministère du Patrimoine canadien et du Conseil des Arts du Canada touchant les musées. L’accessibilité à des fonds d’appariement dédiés à la culture, les programmes d’aide à l’emploi et la circulation d’expositions itinérantes ont aussi fait l’objet de recommandations adoptées par les membres.

Alors que les effets structurants du réseautage et de la mise en commun des ressources ont été soulignés, les membres ont demandé que le MCCCF maintienne les Cellules régionales d’expertise en muséologie existantes et en implante dans les autres régions du Québec.

Les ressources humaines

Tous s’entendent pour réaffirmer l’importance d’investir dans les ressources humaines. En effet, les conditions de travail et de pratique dans les institutions muséales sont déficientes : manque d’effectifs, surcharge de travail, déprofessionnalisation dans certaines fonctions muséales, mauvaises conditions salariales, problèmes de rétention du personnel. Là encore, la hausse du soutien au fonctionnement demeure la solution pour permettre aux institutions muséales d’améliorer leurs masses salariales, de bonifier les avantages sociaux offerts et d’assurer le maintien de professionnels dans les postes clés. L’intégration de la relève et la formation sont aussi au cœur des préoccupations du milieu muséal.

Les collections

Stimuler et encadrer le développement des collections est un défi majeur du réseau muséal québécois. Reconnaissant l’importance d’adopter une vision commune du développement des collections au Québec, les membres demandent à la SMQ de dresser un portrait du collectionnement effectué par les institutions muséales afin qu’elles soient en mesure d’adopter des politiques qui tiennent compte d’une écologie autant disciplinaire que locale, régionale et nationale. Les musées ont également besoin de soutien et de ressources pour réaliser l’inventaire de leurs collections, faire des acquisitions, avoir accès à des services de restauration professionnels et se doter d’espaces de réserves adéquats. Par ailleurs, plusieurs actions doivent être posées en priorité pour la sauvegarde et la conservation de certains types de patrimoine, tels que le patrimoine religieux.

Les activités de diffusion

Il faut redonner aux musées les moyens de maintenir la qualité de leur programmation, de demeurer concurrentiels et d’augmenter leur fréquentation. En ce sens, plusieurs recommandations visent à réclamer aux instances gouvernementales le maintien ou la mise en place de programmes pour soutenir les expositions permanentes et temporaires ainsi que les programmes éducatifs et culturels des institutions muséales. Un meilleur soutien pour la production d’expositions itinérantes est essentiel au renouvellement de l’offre des musées en plus de permettre des économies d’échelle importantes et de contribuer au développement durable. Au chapitre de l’action éducative, la SMQ est interpelée pour continuer à sensibiliser les ministères et établissements d’enseignement à la reconnaissance de l’offre muséale comme ressource éducative privilégiée. Il est aussi recommandé au MCCCF et au MELS de procéder à la révision du programme La culture à l’école.

D’autres enjeux transversaux

Les institutions muséales veulent redonner à la recherche sa juste valeur que ce soit pour le développement des connaissances sur les collections, la réalisation des expositions, des publications, etc. La création d’un fonds national, le développement de partenariats avec les universités, la mise en place de centres de recherche sur les collections sont parmi les moyens envisagés.

Sur le plan des technologies, les participants ont souligné le rattrapage nécessaire pour le traitement informatisé et la numérisation des collections. Un soutien financier est demandé au MCCCF et au ministère du Patrimoine canadien à cet effet. Il est aussi recommandé au MCCCF de prioriser la mise en commun des informations sur les collections, notamment en soutenant le Réseau québécois de numérisation patrimoniale mené par BAnQ et la SMQ en collaboration avec les organismes participants. L’établissement de fonds ou la création de programmes sont également considérés essentiels pour encourager l’utilisation des technologies dans les musées et en évaluer l’impact auprès des publics.

Certaines recommandations visent par ailleurs à soutenir le ressourcement et le rayonnement du réseau muséal sur la scène internationale par l’échange d’expertise, la production de projets communs et l’exportation de réalisations québécoises.

Enfin, souhaitant s’affirmer comme des acteurs dynamiques du développement durable, les institutions muséales veulent se doter de politiques et adopter des pratiques responsables pour l’ensemble de leurs activités. Cependant, elles doivent avoir les moyens de jouer pleinement leur rôle dans la préservation et la mise en valeur des témoins du patrimoine, pour le bénéfice des générations présentes et futures.

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