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Le congrès 2004 de la SMQ |
Troisième séance - Tendances, innovations
et prospectives
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| Luc Dupont, professeur au département de communication de l’Université d’Ottawa, Louise Déry, directrice de la galerie de l’UQAM, Yves Bergeron, directeur du Service de la recherche et de l’évaluation au Musée de la civilisation et Benoît Légaré, vice-président du Centre des sciences de Montréal |
Pour conclure le congrès, la séance portant sur l’avenir des musées s’articulait autour de la notion de tendances en muséologie. L’analyse des tendances, en grande partie axée autour de l’étude des visiteurs ou de la clientèle n’est pas une mince tâche et en faire un portrait complet dans le cadre d’une plénière est tout aussi compliqué. De plus, la spécificité de chaque institution muséale appelle une analyse spécialisée. Cependant, certaines caractéristiques générales peuvent être dégagées des quatre présentations finement élaborées par quatre intervenants d’horizons fort différents.
Ainsi la réalité et les contraintes d’un musée de la civilisation axé sur la personne humaine, d’une galerie d’art en milieu universitaire et d’un centre de sciences ont servi de trame de fond aux conférences de l’après-midi.
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Renée Huard, directrice de l’action culturelle
et de l’action éducative du Centre des sciences de Montréal
et Hélène Pagé, directrice du service de l’action
culturelle et des relations publiques du Musée de la civilisation
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Cette séance animée par Luc Dupont a également bénéficié de la complicité de Renée Huard et d’Hélène Pagé qui écrivaient des commentaires en réaction aux réflexions proposées. Ces commentaires étaient projetés directement sur deux écrans dont le contenu échappait complètement aux conférenciers. Malgré sa complexité, l’exercice s’est avéré des plus intéressants en créant une dynamique très stimulante pour la salle et apportant, à l'occasion une touche d’humour aux thèmes abordés.
Les tendances en muséologie
D’une façon générale, il est légitime de s’intéresser aux tendances et à l’étude des publics puisque cela permet d’anticiper le changement, de comprendre le marché et de prévoir des cycles pour ajuster l’offre à la demande. Toutefois, l’étude des tendances n’est pas une fin en soi mais bien un outil de travail pour planifier adéquatement, dans le cas des musées, expositions et activités. Si une tendance peut être associée à un phénomène de mode (avec une durée de vie moyenne de un ou deux ans), une tendance lourde peut quant à elle durer 10, 12 voire 15 ans…
Selon Yves Bergeron, une tendance est liée au changement et il faut prendre en considération à la fois les facteurs externes et les facteurs internes au musée. Parmi les premiers, il a mentionné la démographie (avec l’inversion de la pyramide d’âge, le vieillissement de la population), les liens entre les musées et la politique, les enjeux linguistiques. Parmi les facteurs internes, il y a les effets des compressions budgétaires, les cultures institutionnelles, l’impact d’Internet dans les expositions qui amène à revoir la place même du texte dans les expositions. En somme, il faut regarder les visiteurs autrement et établir des typologies des clientèles. D’ailleurs, M. Bergeron publiera bientôt les résultats de ses recherches sur les clientèles au Musée de la civilisation.
D’autre part, il semble y avoir lieu de s’inquiéter du fait que les musées sont jugés sur la base de la fréquentation en terme de quantité uniquement. Ceci pose des problèmes considérables. Pour reprendre les termes de Louise Déry, les musées sont aux prises avec un phénomène de «clientélisme» ou ceux de Yves Bergeron, d’une véritable «obsession des visiteurs».
Pour la directrice de la galerie de l’UQAM, l’étude de la clientèle telle qu’exigée par les subventionneurs s’avère difficile de par la nature même de l’institution muséale. Située en plein centre-ville, la galerie de l’UQAM pourrait théoriquement compter sur «une clientèle» potentielle fantastique. Toutefois, ce bassin de clientèle potentielle s’avère tellement éclectique regroupant des employés de tous les corps de métier, des étudiants d’âge et d’origine différents, des professeurs, des chargés de cours, etc. L’UQAM constitue en soi un microcosme, véritable cité dans la cité, cette université rassemble plus de 50 000 personnes aux intérêts et modes de vie fort contrastés. Dans ce contexte, l’art actuel présenté à la galerie doit être accessible sans pour autant trahir sa nature intrinsèque qu’elle soit engagée, contestataire, révolutionnaire, etc. Parmi les nœuds éthiques qu’elle a souhaité partager se trouve celui de la recherche de commandites privées; cette problématique pouvant s’étendre à l’ensemble de la communauté muséale. Jusqu’où doit-on aller dans la présence des commanditaires dans nos expositions?
Benoît Légaré quant à lui nous a ramené à l’examen de tendances en muséologie scientifique; des tendances découlant d’une étude prospective auprès de la communauté scientifique. Selon lui, les centres de sciences ont une capacité de réagir rapidement, de tisser des réseaux forts et de s’adapter aux changements. Ceci entraîne inévitablement beaucoup de création, par l’inédit, et d'innovation, par le développement de nouvelles applications de connaissances existantes.
Parmi les tendances en développement dans le milieu de la muséologie
scientifique, il a mentionné :
• Les sciences citoyennes et le défi d’amener des individus
à devenir des citoyens avec une préoccupation plus large que leur
simple réalité.
• Le fait que les centres de sciences deviennent des lieux de développement
de compétences et non seulement de diffusion de contenus purs.
• Le fait que les partenariats doivent se développer dans toutes
les interventions.
• Le besoin de faire converger les besoins futurs de la société
avec les programmes de formation.
• Le fait que les publics se diversifient : adultes, minorités
culturelles, intégration des marginaux.
Pour consulter le document
de présentation de Benoît Légaré -format
pdf
Finalement, Luc Dupont a ramené des éléments généraux concernant les grandes tendances de la société québécoise au début du XXIe siècle et il a souligné l’importance de l’étude des tendances en muséologie. À partir de sept tendances observées dans la société québécoise, il a suggéré quelques thèmes d'exposition potentiellement «tendance» en rappelant que l'exposition doit vendre une expérience et un savoir près des préoccupations des gens, qu'elle doit exploiter des thématiques inhabituelles et pratiquer l'audace. Pour imprimer et lire les sept thèmes associés aux sept tendances proposés par Luc Dupont - format pdf
| Société des musées québécois | www.smq.qc.ca | Dernière mise à jour : le 6 janvier 2012 |